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Quel est le rôle des associations de soutien?

Les associations de soutien en Europe ont été crées les unes après les autres dans divers pays, quelques années après la création d’Oikocredit en 1975, afin de soutenir les investissements "officiels" des Eglises à cette institution. Elles regroupent des membres bénévoles qui se sont donnés pour tâche la promotion d’Oikocredit International.

Oikocredit a deux associations de soutien en Suisse : Oikocredit Deutsche Schweiz et Oikocredit Suisse Romande. Les futurs investisseurs, privilégiant le français, sont invités à rejoindre l’association Suisse Romande. Cliquez sur votre région pour plus de renseignements sur la manière dont vous pouvez participer au sein de votre association locale de soutien.

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Faire la différence : notre Rapport d’Impact 2021

Faire la différence : notre Rapport d’Impact 2021

Elikanah.jpg24 septembre | 2021

Nous avons échangé avec Elikanah Ng'ang'a, Responsable pour l’Afrique de la performance sociale et du renforcement des capacités chez Oikocredit, afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière les chiffres de notre Rapport d’Impact 2021. Elikanah nous fait découvrir de nombreux aspects de son travail avec nos partenaires, et en quoi l’approche de Oikocredit fait la différence.

Après avoir travaillé pour des organisations de microfinance, Elikanah a rejoint Oikocredit il y a 12 ans en tant que Responsable de la performance sociale et du renforcement des capacités. Initialement dédié à l’Afrique de l’Est, il s’occupe désormais de nos partenaires dans toute l’Afrique.

Basé à Nairobi, Elikanah est chargé d’examiner les évaluations des partenaires dans les domaines environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), d’identifier leurs besoins en matière de renforcement des capacités, et enfin de préparer et suivre les projets de renforcement des capacités. Il travaille également avec des partenaires afin de lever des fonds destinés au renforcement des capacités et il rend compte aux donateurs.

Selon vous, pourquoi Oikocredit mesure son impact et publie un rapport d’impact chaque année ?

Nous voulons être redevables de nous-mêmes et de notre mission sociale, qui consiste à améliorer la vie des personnes à faibles revenus en finançant des organisations de l’hémisphère sud. Si nous ne mesurons pas cet impact, nous ignorons si nous sommes à la hauteur de cette mission. La mesure de l’impact nous aide à nous concentrer sur des domaines de notre mission sociale où nous pouvons apporter de réelles améliorations.

En exigeant de nos partenaires qu’ils nous remontent leurs données d’impact, nous leur demandons également de rendre des comptes. Nos partenaires sont attirés par Oikocredit parce que nous sommes un investisseur social, et en publiant un rapport d’impact nous attirons de nouveaux partenaires.

Grâce aux enquêtes menées auprès des employés, nous savons également que les équipes de Oikocredit travaillent pour générer un impact et que cela les motive. Le fait de pouvoir rendre compte de notre mission attire, motive et aide à retenir le personnel de Oikocredit.

Enfin et surtout, notre impact est très important pour nos investisseurs. Ce sont eux qui nous confient leur argent et qui se soucient de l’impact de leurs capitaux. L’impact social leur est d’une grande importance car il leur permet de comprendre les réelles répercussions de leurs investissements. Ce rapport est également crucial pour attirer de nouveaux investisseurs.

S’agissant de son impact en 2020, quelles sont les réussites dont Oikocredit peut être le plus fier ?

En deux mots, je dirais que notre soutien aux partenaires leur a permis de survivre et de se développer.

Lorsque la pandémie a frappé l’Afrique, nous avons réussi à nous organiser rapidement et à accorder aux partenaires des reports de remboursement pendant les périodes de confinement. Il s’agissait d’aider nos partenaires à simplement survivre.

Nous avons également aidé des partenaires en accordant des subventions du fonds de solidarité Oikocredit, pour fournir des équipements de protection par exemple. C’était encore une fois une question de survie. Nous avons réuni les dirigeants de nos partenaires en vidéoconférence pour échanger sur les façons de survivre. De nombreuses initiatives en réponse à la Covid-19 ont été prises pour aider nos partenaires et nous pouvons en être fiers.

Aujourd’hui, de nombreuses organisations nous demandent de les aider à renforcer leur liquidité, car elles ont dépassé le stade de la survie et veulent maintenant se développer. Notre réponse a été d’accélérer notre processus d’octroi de prêts pour répondre à ce besoin urgent, afin qu’ils puissent à leur tour mieux s’occuper de leurs clients.

Dans des enquêtes récentes menées par l’African Management Institute[1], près de 80 % des entreprises ont déclaré qu’au cours de la pandémie, disposer simplement d’un prêt pour améliorer leur liquidité est ce qui a le plus compté. Oikocredit aide les entreprises à retrouver le chemin de la croissance.

Comment la pandémie a-t-elle freiné l’impact de Oikocredit ?

La première chose à dire est que nous n’avons pas touché autant de nouveaux partenaires et de clients finaux que nous l’avions prévu. En raison de la pandémie, on peut donc dire que notre impact social a été moins important que prévu.

La pandémie a eu pour conséquence une adaptation de nos plans, un report de la croissance anticipée de notre portefeuille de financement du développement, un moindre volume de refinancement, et la suspension des déblocages de prêts en faveur de nouvelles organisations partenaires. Cela nous a en revanche permis de nous concentrer sur le soutien de nos partenaires existants au cours de la crise.

Ceux-ci ont également revu à la baisse leurs ambitions en raison de la pandémie, ce qui a encore réduit le nombre de clients finaux que nous avons pu couvrir. Et en ces temps incertains, des emprunteurs finaux disposant d’économies ont choisi de se rabattre sur ces fonds plutôt que de contracter de nouveaux emprunts. La mise en œuvre de nos programmes de renforcement des capacités a également été impactée – nous avons dû en reporter certains en raison des restrictions dues à la Covid-19.

La pandémie a-t-elle changé votre façon de concevoir la création d’un impact social positif ?

D’une certaine manière oui, car la pandémie nous a montré les failles persistantes entre les riches et les pauvres, fossés qui ne cessent de se creuser. Dans l’ensemble, les personnes aux revenus élevés semblent avoir mieux résisté à cette pandémie que les pauvres. Par exemple, en Afrique, pour certaines personnes atteintes de la Covid-19, il est quasiment impossible d’obtenir les soins dont elles ont besoin. Des gens sont ainsi décédés parce qu’ils n’avaient pas les moyens d’acheter de l’oxygène.

Chez Oikocredit, nous devons donc redoubler d’efforts pour réduire la pauvreté dans les pays à faibles revenus et dans les zones rurales. Nous ne pouvons pas y arriver seuls et nous devons trouver des moyens de travailler avec d’autres organisations. Notre nouvelle stratégie en cours d’élaboration est selon moi riche de belles promesses : nous allons essayer de travailler avec un plus grand nombre d’organisations et de développer des moyens d’œuvrer ensemble afin de générer un impact encore plus élevé.

La pandémie a également montré que nous sommes tous connectés. Lorsqu’un pays est confiné, je ne peux plus rendre visite à mes partenaires et ceux-ci ne peuvent plus rencontrer leurs clients. Il existe également des limitations à l’échelle mondiale, ce qui a un impact sur les échanges commerciaux entre les pays. La pandémie nous a appris qu’il n’existe plus de problème lointain et que nous devons travailler ensemble à l’échelle mondiale pour résoudre les problèmes de pauvreté et d’inégalité.

Pensez-vous que la pandémie a créé des besoins plus importants en Afrique ?

Oui. Si l’on considère l’Afrique dans son ensemble, soit 54 pays, moins de 2 % de la population a été entièrement vaccinée contre la Covid-19[2]. Cette pandémie va donc continuer de pénaliser l’Afrique encore longtemps et nous savons que cela va causer de grandes souffrances.

L’Afrique a déjà le plus gros taux de pauvreté, et les inégalités ne peuvent que s’aggraver dans un continent déjà touché par le changement climatique, la sécheresse et les famines. Compte tenu de la fragilité des systèmes de santé, des investissements seront de plus en plus indispensables pour soulager certaines de ces souffrances.

En Afrique également, des projets tels que ceux portant sur les énergies renouvelables seront très utiles, car de nombreuses personnes ne sont toujours pas connectées au réseau électrique ou n’ont pas accès à des formes d’énergies propres.

Que signifie l’impact d’Oikocredit pour vous personnellement ?

Je suis passionné par le travail que mène Oikocredit. Lorsque je pense à l’impact, je pense aux gens et à ce que nous voulons accomplir pour eux, en particulier les personnes défavorisées : créer des emplois, réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté.

Puis je me tourne vers l’environnement et l’impact du changement climatique. Lorsque j’envisage d’accueillir de nouveaux partenaires, je me demande comment créer un impact positif sur l’environnement.

Je pense toujours à la manière dont nous pouvons soutenir la durabilité financière de nos partenaires. Si nous pouvons contribuer à leur durabilité financière, ils seront encore là demain pour s’occuper de leurs clients finaux et des petits exploitants agricoles.

J’essaie d’utiliser le score ESG comme point de départ pour développer un soutien au moyen de nos programmes de renforcement des capacités. La création d’emplois par le soutien aux petites et moyennes entreprises me tient particulièrement à cœur. Parce que je crois que si vous offrez aux gens des emplois décents, vous leur offrez un moyen de sortir de la pauvreté, surtout aux jeunes.

Comment contribuez-vous personnellement à un impact positif mondial dans votre travail quotidien ?

C’est une question importante. Je suis accrédité par Cerise en tant qu’évaluateur des Principes de Protection des Clients et auditeur des performances sociales. Je contribue également à des initiatives mondiales visant l’amélioration des performances sociales.

Je me suis récemment inscrit à un cours et j’espère obtenir d’ici la fin de l’année une accréditation en tant qu’auditeur en matière d’évaluation de l’impact environnemental.

Il y a d’autres choses que j’aime faire, comme être membre du conseil d’administration d’une école à Kibera. Je participe également à un projet de quartier visant à créer un système local de chauffage solaire de l’eau.

Je suis né dans une zone rurale et j’y suis retourné récemment pour planter des arbres et encourager mes voisins à faire de même, de petites forêts étant désormais aménagées un peu partout.

À l’instar des nombreux aspects de mon travail chez Oikocredit, ce sont ces petits pas qui, avec un peu de chance, font toute la différence en matière d’impact.

Télécharger le rapport d’impact 2021 ici

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