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Suisse Romande Deutsche Schweiz

Quel est le rôle des associations de soutien?

Les associations de soutien en Europe ont été crées les unes après les autres dans divers pays, quelques années après la création d’Oikocredit en 1975, afin de soutenir les investissements "officiels" des Eglises à cette institution. Elles regroupent des membres bénévoles qui se sont donnés pour tâche la promotion d’Oikocredit International.

Oikocredit a deux associations de soutien en Suisse : Oikocredit Deutsche Schweiz et Oikocredit Suisse Romande. Les futurs investisseurs, privilégiant le français, sont invités à rejoindre l’association Suisse Romande. Cliquez sur votre région pour plus de renseignements sur la manière dont vous pouvez participer au sein de votre association locale de soutien.

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Au-delà de la finance : Interview avec Laura Pool, Directrice de la gestion des risques à Oikocredit

Au-delà de la finance : Interview avec Laura Pool, Directrice de la gestion des risques à Oikocredit

Laura Pool.jpg17 avril | 2019

Oikocredit vient de publier ses résultats financiers pour 2018. Dans cette perspective, nous avons rencontré Laura Pool, directrice de la gestion des risques à Oikocredit. Elle nous livre une analyse plus approfondie des résultats globaux et des mesures prises par la coopérative pour améliorer ses performances futures. Dans cet entretien, Laura nous explique également en quoi une expertise et de bons instruments financiers peuvent faire toute la différence.

Qu'est-ce qui vous motive dans le fait de travailler pour Oikocredit ?

Je crois que notre travail a un impact. Chez Oikocredit, nous ne parlons pas seulement d'investir ou de prêter, nous nous soucions de nos partenaires et du travail qu’ils accomplissent.

J'ai une longue expérience des institutions financières et j'ai vu en quoi le fait de procurer une expertise et de bons instruments financiers peut faire toute la différence. C'est ce que nous faisons pour nos partenaires. Ce sont eux qui changent la vie de leurs clients : il est donc essentiel de leur fournir de bons instruments et de les soutenir. Notre forte présence locale nous y aide.

J'aime aussi travailler avec mes collègues de notre bureau international. Chacun vient d’horizons différents. Chaque jour, j'apprends sur la manière dont des personnes de diverses nationalités travaillent et pensent : je trouve cela fascinant.

Oikocredit vient de publier ses résultats financiers pour 2018. Pouvez-vous nous en citer quelques éléments marquants ?

Nous avons consolidé notre capital social et, par conséquent, notre bilan. Notre portefeuille d'inclusion financière et notre portefeuille agricole ont connu une croissance importante ; en outre, le portefeuille de financement du développement a dépassé le cap du milliard d’euros pour la deuxième fois.

Plus nous grandissons, plus nous pouvons aider nos partenaires à avoir un impact positif sur la vie de personnes à faible revenu en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Grâce à notre nouvelle politique de couverture, nous avons considérablement réduit l'impact négatif des effets de change par rapport à 2017.

Nos résultats globaux restent affectés par la faiblesse des taux d’intérêt : ils s’élèvent à 1,3 million après la dotation de fonds. Mais, nous l’avions anticipé sachant que nous aurions besoin de temps pour réduire nos coûts et améliorer les marges de notre portefeuille après l’actualisation de notre stratégie.

Pourquoi Oikocredit a-t-elle mis en place une nouvelle politique de couverture ?

Grâce à cette nouvelle politique, nous couvrons la majeure partie de notre risque de change externe, ce qui permet de limiter l’impact négatif des effets de change sur nos résultats.

C’est un point important car nous souhaitons continuer de fournir à nos partenaires des prêts en devise locale afin de les protèger des pertes de change causées par les dévaluations contre lesquelles ils ne peuvent généralement pas se défendre.

Jusqu'en 2017, nous utilisions notre « fonds interne de compensation du risque sur prêt en monnaie locale » pour neutraliser les effets de change mais ce fonds a été presque entièrement vidé au cours des dernières années.

Chez Oikocredit, nous avons à cœur d'aider nos partenaires en fonction de leurs besoins : la nouvelle politique de couverture nous permet de continuer de le faire.

Quelles mesures prenez-vous pour améliorer les résultats financiers futurs d'Oikocredit ?

À travers notre stratégie actualisée, nous avons décidé de nous concentrer sur trois secteurs d’activité et 33 pays en croissance. C’est la la principale étape. De plus, outre ce recentrage, nous cherchons à nous développer et à réduire nos coûts. Nous devons trouver un bon équilibre pour continuer de servir nos partenaires et de nous implanter localement, tout en restant aussi efficaces que possible.

Une autre mesure inscrite dans notre stratégie globale vise l’amélioration de nos marges sur les prêts afin de mieux refléter les coûts engagés pour débloquer les fonds. Ceci favorisera notre stabilité financière et nous permettra d’être en meilleure position pour soutenir nos partenaires. Nous continuerons également d’investir dans les participations qui produisent en général une rentabilité plus élevée. Il s’agit d’une démarche plus risquée, mais avec la croissance de notre portefeuille global, nous sommes en mesure de d’aller de l’avant dans ce sens.

Lisez la Stratégie actualisée d'Oikocredit.

Voyez-vous déjà les effets de la stratégie actualisée sur les résultats financiers d'Oikocredit ?

Oui, nous constatons déjà une légère réduction des coûts et une amélioration progressive des marges. Mais la mise en œuvre de la stratégie est en cours et nous en observerons les effets à la fin de l’année 2019.

Pour en savoir plus sur ces changements et leur impact sur Oikocredit, vous pouvez lire cet entretien avec notre directeur des investissements, Bart van Eyk.

Le Directoire propose un dividende de 1%. Comment êtes-vous arrivés à cette proposition ?

Cette proposition a été faite dans un esprit coopératif. Sur le plan financier, nous pouvons nous permettre de verser un dividende de 1%, mais nous n'avons pas uniquement réfléchi d'un point de vue strictement financier. Nous avons également envisagé la meilleure solution à long terme, en particulier pour nos membres et nos investisseurs.

Le Directoire prévoyait un bénéfice net faible et, de ce fait, nous nous attendions à devoir piocher la majeure partie du dividende dans les réserves. Puis, nous avons eu plusieurs conversations avec nos associations de soutien et nos membres pour envisager diverses options : pas de dividende, dividende de 0,5%, dividende de 1%, etc.

Nous avons imaginé les réactions des membres et des investisseurs à ces options tout en examinant la résilience financière d’Oikocredit.

Le dividende de 1% est une proposition du Directoire approuvée par le Conseil de surveillance. Toutefois, la décision finale revient toujours aux membres de notre coopérative lors de l'Assemblée générale annuelle en juin.

Dans la stratégie actualisée d'Oikocredit, il est indiqué que l'impact social est prioritaire ; cela nuit-il au succès financier d’Oikocredit ?

Je suis en fait convaincue que les deux - impact social et durabilité financière - vont de pair. Nous pensons qu'une approche multidimensionnelle donne de meilleurs résultats.

Nous examinons l'impact social de nos partenaires ainsi que leurs risques et leur rentabilité. La démarche n'est ni durable ni utile pour une organisation si nous pensons qu'elle échouera à long terme et si nous décidons d’investir quand même.

Il y a certainement des moments où nous prenons un risque financier plus grand parce que certaines organisations visent un impact social très élevé, mais nous essayons d’atteindre un bon équilibre. Dans ces cas-là, nous travaillons avec nos partenaires pour les aider à améliorer leur gestion des risques et leur viabilité financière. Un bon exemple de ceci est notre Programme de gestion des risques de prix (page en anglais).

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