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Quel est le rôle des associations de soutien?

Les associations de soutien en Europe ont été crées les unes après les autres dans divers pays, quelques années après la création d’Oikocredit en 1975, afin de soutenir les investissements "officiels" des Eglises à cette institution. Elles regroupent des membres bénévoles qui se sont donnés pour tâche la promotion d’Oikocredit International.

Oikocredit a deux associations de soutien en Suisse : Oikocredit Deutsche Schweiz et Oikocredit Suisse Romande. Les futurs investisseurs, privilégiant le français, sont invités à rejoindre l’association Suisse Romande. Cliquez sur votre région pour plus de renseignements sur la manière dont vous pouvez participer au sein de votre association locale de soutien.

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Multiplier les efforts dans nos secteurs cibles et renforcer les capacités de nos partenaires

Multiplier les efforts dans nos secteurs cibles et renforcer les capacités de nos partenaires

thos Gieskes.jpg16 septembre | 2019

Alors que nous entrons dans la seconde moitié de l'année, nous nous sommes entretenus avec Thos Gieskes, directeur général d’Oikocredit, qui nous donne les dernières nouvelles de la coopérative. Il nous explique notamment comment nous redoublons d’efforts dans nos secteurs prioritaires et allons au-delà de la finance pour soutenir nos partenaires, et ainsi renforcer leurs activités et leurs réseaux.
L'entretien met également en lumière l'assemblée générale annuelle de cette année, qui s’est tenue en juin, et donne un aperçu de notre prochain rapport d’impact, qui sera publié en septembre.

Quelle est la différence entre Oikocredit des débuts en 1975 et aujourd’hui ?

C’est d’abord une question d’échelle. Au début, nous étions un mouvement relativement petit. Nous avions une grande idée, celle de contribuer à changer les choses dans la vie des personnes à faible revenu, mais nous avions très peu de moyens. Nous avons commencé avec des fonds de membres de l'église et avons réalisé que nous pourrions toucher beaucoup plus de personnes en développant notre base d'investisseurs. Quand on pense où nous avons commencé avec juste quelques membres de l'église et qu’on regarde le nombre de personnes impliquées aujourd’hui, c'est très impressionnant. Avec nos 57’000 investisseurs, on pourrait remplir un stade.

L’investissement à impact est aujourd’ĥui beaucoup plus fréquents qu’à la création d'Oikocredit en 1975. Qu'est-ce qui différencie Oikocredit des autres prêteurs sociaux ?

Oikocredit a toujours été et reste fidèle à son objectif d’impact social qui est notre raison d’être. Nous constatons que ce désir d’impact social a grandi et que la société dans son ensemble veut être plus responsable, mais ce n’est pas suffisant pour Oikocredit. Nous voulons vraiment que nos investissements aient l'impact social le plus important possible, tout en offrant un rendement financier équitable. Certaines organisations ont adopté la même voie, mais cette approche est au cœur de nos préoccupations depuis le début. 

Quels sont les derniers changements ou évolutions chez Oikocredit ?

Dans le cadre de notre stratégie actualisée, notre objectif est d’aider nos partenaires à créer plus de valeur. Nous souhaitons trouver, avec eux, des solutions aux problèmes qui affectent le développement de leurs activités.

Par le passé, des partenaires apparaissaient et nous les financions. Puis progressivement, nous les avons épaulés à travers nos initiatives de renforcement des capacités. Et même si nous développons ce volet de notre action, nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire pour soutenir nos partenaires. Nous cherchons maintenant la manière dont nous pouvons contribuer à résoudre les dilemmes stratégiques auxquels sont confrontés leurs entreprises.

Prenons l'exemple du cacao durable : si les revenus des agriculteurs n'augmentent pas, nous devons en comprendre la raison. Et pour ce faire, nous devons examiner l'ensemble de la chaîne de valeur pour identifier les problèmes et réfléchir à la manière de les résoudre. Parce que si leurs revenus n'augmentent pas, leur vie ne s’améliorera jamais. Il ne faut donc pas se limiter ni au financement, ni même au cacao. Les problèmes doivent être traités de manière beaucoup plus multidisciplinaire si nous voulons avoir un impact réellement positif sur la vie des gens. C'est ce que nous faisons et continuerons de faire afin de mieux aider nos partenaires.

L’Assemblée générale (AG) d’Oikocredit vient d’avoir lieu aux Pays-Bas. Quels ont été les sujets de discussion et qu’en est-il ressorti ?

C’est la troisième AG à laquelle j’assiste et elle s’est très bien passée. J'ai aimé voir l’enthousiasme des gens pour l'avenir.

Oikocredit a traversé une période de changements lors de la mise en œuvre de notre stratégie actualisée pour améliorer nos résultats financiers. Pendant cette période, nos membres ont été extrêmement compréhensifs et solidaires. Les gens comprennent les orientations que nous prenons et ils sont enthousiastes à l'idée de faire ce voyage avec nous.

Cette volonté et cette positivité ont donné beaucoup d’espace pour discuter de ce qui se passe dans le monde et de ce que fait Oikocredit pour contribuer à changer les choses. Nous avons également abordé divers sujets, tels que l’orientation récente d’Oikocredit vers la fintech (technologie financière) [en anglais].

Les gens ont également accepté la proposition de dividende de 1% présentée par le conseil d’administration. Il n’y a pas eu beaucoup de débat à ce sujet. Je pense que les échanges réguliers que nous avons eus avec nos membres pour expliquer où nous en étions sur le plan financier et comment nous réglions divers problèmes grâce à notre stratégie actualisée, y sont pour beaucoup. 

Qu'est-ce qui incite Oikocredit à poursuivre la mise en place de sa stratégie actualisée ?

Nous sommes toujours heureux de trouver de nouveaux partenaires qui aident les membres des communautés à faible revenu à réaliser leurs rêves et à améliorer leurs conditions de vie. Et, comme je l'ai déjà mentionné, nous sommes également enthousiastes à l'idée d’aider nos partenaires à créer encore plus de valeur. En particulier, nos collègues qui travaillent en étroite collaboration avec des partenaires dans les régions montrent beaucoup d'empressement à soutenir nos partenaires le mieux possible.

De plus, je sais que c'est beaucoup plus technique, mais je suis personnellement enthousiasmé par l’amélioration des processus. C’est magnifique de voir à quel point les membres de l'organisation sont également désireux d'améliorer les choses. Avec nos nouveaux processus, nous pourrons aider nos partenaires de manière plus rapide et plus efficace. Nos actions deviennent plus rapides et plus agiles. De plus, nous améliorons le suivi de nos partenaires. Il ne s'agit pas de les surveiller mais de les aider à remplir leur mission sociale. En parallèle, nous souhaitons partager davantage le travail formidable accompli par nos partenaires avec nos membres, nos investisseurs et le cercle plus large des prêteurs sociaux.

Existe-t-il des domaines qui illustrent la direction prise par Oikocredit ? En quoi différent-ils du passé ?

Les changements apportés à notre stratégie en matière d’énergies renouvelables constituent une nouveauté pour nous. Lorsque nous avons commencé en 1975, la plupart des gens se préoccupaient moins de ce qui se passe sur la Terre. Mais, de nos jours, c’est devenu un enjeu majeur et il est au cœur de nos activités.

Nous ne voulons pas seulement investir dans des projets en faveur de l'environnement, nous voulons aussi nous assurer que nos investissements dans ce domaine se font de manière sociale. Nous finançons de nombreux grands projets pour les énergies renouvelables, mais ce dont on a vraiment besoin, c'est d'énergie propre pour les communautés à faible revenu. La cuisson non polluante, un domaine nouveau pour nous, en est un excellent exemple. Chaque année, près de 4 millions de personnes, pour la plupart ayant les revenus les plus bas, meurent prématurément de maladies liées à la pollution de l'air domestique par la cuisine. La cuisson non polluante est non seulement meilleure pour l'environnement, mais elle peut aussi sauver des vies et c'est la raison pour laquelle nous voulons investir.

Comme je l'ai déjà mentionné, nous nous sommes également intéressés par l'ensemble de la chaîne de valeur de nos partenaires agricoles. Oikocredit était fière d’apporter un soutien financier aux coopératives ou aux petit.e.s exploitant.e.s agricoles, car personne ne voulait leur donner d'argent. Nous le faisions mais nous avons aussi compris que cela ne suffisait pas. Nous constatons que les petites coopératives et les petit.e.s agriculteurs et agricultrices sont confronté.e.s à des problèmes économiques majeurs, qui rendent leurs conditions de vie difficiles. Cela tient en grande partie aux nombreuses déficiences de la chaîne de valeur agricole, domaine dans lequel nous pouvons offrir connaissance et soutien.

Il est également essentiel pour nous de tenir compte de l'aspect environnemental de l'agriculture : ce secteur utilise une grande partie des ressources de la planète, et en même temps, le monde a besoin de nourriture. Nous pouvons donc aider nos partenaires à avoir une gestion plus efficace de l’eau et des autres ressources.

Pourquoi s'intéresser au travail d'Oikocredit alors qu'il y a tant d’autres problèmes dans le monde ?

C'est vrai, nous devons malheureusement nous battre pour de nombreuses questions urgentes, mais je répondrais que le travail d'Oikocredit est crucial et que de nombreux problèmes y sont liés. Si l’on considère le changement climatique par exemple, certains de ses effets les plus importants ont des conséquences sur les personnes pour lesquelles nous travaillons. C'est pourquoi nous abordons également les problèmes environnementaux dans le cadre de notre action.

Mais il est important de se rappeler qu’on ne doit pas choisir une seule cause. Choisissez-en quelques-unes que vous jugez dignes et vous verrez qu’Oikocredit y travaille.

En outre, Oikocredit recherche des investissements. Ce que nous disons, c’est que si vous voulez que votre argent soit utile au bien commun pendant que vous n'en avez pas besoin, confiez-le nous. Et au moment où vous voudrez le récupérer, nous aurons accompli de grandes choses avec. Et, même si nous nous concentrons sur les investissements, les dons sont bien sûr également les bienvenus pour nous aider à financer nos programmes de renforcement des capacités. 

Si chacun.e fait quelque chose de positif avec son argent, nous pouvons toucher beaucoup de monde.

Oikocredit a publié son Rapport d'impact en septembre, pouvez-vous nous donner une idée de son contenu ?

Le rapport de cette année révèle que le nombre de nos partenaires a atteint 38 millions d'emprunteurs finaux en 2018, soit une augmentation par rapport aux 36 millions enregistrés en 2017. On observe également que nos partenaires touchent un nombre croissant de client.e.s des régions rurales et de femmes atteint.e.s par nos partenaires.

En outre, nous sommes constatons avec joie que, dans le secteur des énergies renouvelables, le nombre de ménages disposant d’un accès à de l’énergie propre est passé de 15’600 à près de 71’700 en 2018.

Pour ce qui est du format du rapport, il s’agit en fait d’une nouvelle version combinant le Rapport de Performance sociale et environnementale et la publication annuelle « At a Glance » [en anglais]. Ce nouveau format fait plus de place aux infographies afin de mieux exposer nos indicateurs.

Ce rapport comprend aussi un nouveau chapitre dans lequel nous parlons de notre contribution aux objectifs de développement durable des Nations Unies et un chapitre consacré au renforcement des capacités, un volet de plus en plus important de notre action.

Ce ne sont là que quelques-uns des points saillants du rapport 2018.

> Lire le Rapport d'impact 2019

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