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Quel est le rôle des associations de soutien?

Les associations de soutien en Europe ont été crées les unes après les autres dans divers pays, quelques années après la création d’Oikocredit en 1975, afin de soutenir les investissements "officiels" des Eglises à cette institution. Elles regroupent des membres bénévoles qui se sont donnés pour tâche la promotion d’Oikocredit International.

Oikocredit a deux associations de soutien en Suisse : Oikocredit Deutsche Schweiz et Oikocredit Suisse Romande. Les futurs investisseurs, privilégiant le français, sont invités à rejoindre l’association Suisse Romande. Cliquez sur votre région pour plus de renseignements sur la manière dont vous pouvez participer au sein de votre association locale de soutien.

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Thé : de belles perspectives depuis les hauteurs

Thé : de belles perspectives depuis les hauteurs

KARO-RW-45.05 février | 2020

Les actrices et acteurs privé.es et public.ques du secteur du thé rwandais unissent leurs forces pour autonomiser les agricultrices et agriculteurs - avec le soutien du financement d'Oikocredit.

Par Helmut Pojunke de l'association de soutien Oikocredit ouest-allemande

Un séjour, même court, au Rwanda, laisse une impression aussi puissante que rafraîchissante. Kigali, la capitale du pays, accueille les personnes en voyage avec des rues propres, des marchés animés et des quartiers résidentiels léchés, même en banlieue.

Et pourtant le « pays des mille collines » ne se classait en 2017 qu'à la 158e place dans l'indice de développement humain qui recense 189 pays. En outre, selon les chiffres de la Banque mondiale, le Rwanda se situe parmi les « pays les moins avancés » en termes de puissance économique, avec un produit intérieur brut par habitant de seulement 703 dollars US (2016). Voilà qui est en totale contradiction avec ma première impression.

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Quoi qu'il en soit : un optimisme contagieux a flotté sur les discussions que mes collègues d'Oikocredit International et d'Oikocredit Kenya ont eues avec des Rwandais début juillet. Nous avons visité, entre autres, Karongi Tea Factory et la coopérative Katecogro dans l'ouest du pays.

Les coopératives renforcent les productrices et producteurs

Bernadette Nyiraneza nous accueille chaleureusement dans son petit bureau de la coopérative Katecogro, qui fournit des feuilles de thé à Karongi Tea Factory, partenaire d'Oikocredit.  Directrice générale de la coopérative depuis sa création en 2010, Bernadette est à la tête d'une équipe de 18 collaboratrices et collaborateurs.

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Organisés en coopérative, les agricultrices et agriculteurs sont bien mieux armé.es pour négocier face aux usines de thé. Le transport est aussi mutualisé. Neuf techniciens vérifient la qualité des feuilles de thé livrées à la coopérative, tandis qu'un expert agricole s'assure que toutes les exigences de formation sont respectées. De plus, il prépare et surveille les plans de récolte et garantit de bonnes pratiques agricoles en matière de soins des plantes et de contrôle des mauvaises herbes. La coopérative est accréditée par Rainforest Alliance Certified.

Bernadette est fière du fort développement de la coopérative qui est passée d'environ 720 membres fondatrices et fondateurs à plus de 2'000 agricultrices et agriculteurs-membres aujourd'hui.

De plus, une longue liste d'attente de membres potentiel.les veulent commencer à cultiver du thé. Le plus grand défi de la coopérative est donc de fournir à ses membres suffisamment de théiers qui sont non seulement nécessaires pour de nouvelles plantations mais aussi pour rajeunir les plantations existantes. Environ 10% des théiers doivent être remplacés chaque année. Les quelque 300'000 plants produits par an par la coopérative dans le cadre d'un projet conjoint avec la Karongi Tea Factory suffisent à peine à entretenir les plantations existantes.

Un revenu régulier, base du changement

Les conséquences positives de la culture du thé pour cette région reculée sont clairement visibles : ce n'est qu'après la création de la Karongi Tea Factory que la région a été connectée au réseau électrique et au réseau routier.

La culture du thé procure aux agricultrices et agriculteurs une source régulière de revenus, car le thé peut être récolté sur des périodes de 10 à 14 jours. Sur un hectare, un producteur de thé peut générer un revenu annuel de 500'000 francs rwandais (environ CHF 500) déduction faite des coûts. Une famille peut vivre de la culture du thé, cultiver sa propre nourriture et permettre à ses enfants de poursuivre des études supérieures.

Bernadette Nyiraneza souligne l'importance de la régularité de ces gains. Comme les paiements sont effectués via un réseau, réglementé par l'État, de petites banques régionales (SACCO), les agricultrices et agriculteurs peuvent monter un bon dossier de crédit et entreprendre des projets plus importants, comme l'achat d'une moto, l'investissement dans des plantations de thé ou l'achat de terres.

Mais la solidarité coopérative a ses limites. Du fait du changement climatique, les périodes de sécheresse s'allongent et les pluies s'intensifient. Récemment, 18 de ses membres ont tout perdu lors d'un glissement de terrain et la coopérative n'est actuellement pas en mesure de les indemniser pour leurs pertes.

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La production locale de thé : une entreprise familiale

D'abord, les feuilles de thé sont séchées à l'usine de Karongi. Le lendemain, elles sont traitées selon le procédé « écraser, déchirer, boucler ». Pendant le processus, les feuilles sont coupées, fermentées, séchées et triées en fonction de leur qualité.

Environ 50 employé.es par équipe travaillent dans l'usine. Comme celle-ci est très spacieuse, l’objectif est d'en augmenter prochainement la capacité avec l’installation d’une autre chaîne de production.

L'usine de thé de Karongi appartient à la famille Mutangana qui vit à Kigali. Deux des enfants du fondateur, Josiane et David Mutangana, sont désormais également impliqué.es dans la gestion de l'entreprise. Cela dit, le fondateur, Jean-Baptiste Mutangana qui a plus de 80 ans, veille toujours sur la qualité du travail de sa vie.

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Lorsqu'on lui a demandé quelles étaient ses motivations, il a répondu : « Pendant le génocide de 1994, beaucoup de mes proches ont été assassiné.es. Je voulais donner à la jachère une nouvelle signification, un nouveau but. Donc, l'appel du président Paul Kagame à contribuer au développement économique du sud et de l'ouest du pays est venu au bon moment. Le thé était quelque chose de nouveau pour moi ».

C'est ce qui m'a le plus impressionné lors de ce voyage : l'engagement visible et contagieux des Rwandaises et Rwandais avec qui nous avons parlé, qui se reflète dans la manière dont ils et elles formulent leurs objectifs, dont ils et elles font avancer les choses et discutent des prochaines étapes afin de contribuer durablement au développement des zones rurales.

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